L’observateur extérieur pourrait croire que les problèmes des camerounais tiennent du fait qu’ils ne soient pas conscients des causes ou des conséquences desdits problèmes. Mais, si vous prenez le temps d’assister sans parler aux débimages 11ats entre eux, vous vous rendrez compte qu’ils en sont heureusement très conscients. La seconde chose que vous constaterez, c’est qu’ils parlent des responsables à la troisième personne du singulier ou du pluriel, ils parlent des autres, des torts de celui-ci, des responsabilités de celui-là dans le problème, et, rarement vous entendrez la première personne du singulier ou du pluriel être utilisée. Tout est fait comme si chacun se plaisait à pouvoir trouver un alibi à ses malheurs, un responsable aux échecs qui l’affectent, un bouc émissaire qui à lui seul suffit à expliquer tous les problèmes. En gros, la synthèse de leur débat c’est : la cause de nos malheurs c’est les autres : l’occident, le gouvernement en place, les vielles générations, etc. Même quand ils parlent de la responsabilité des citoyens, c’est à la troisième personne. Quand ils parlent des solutions possibles, c’est en termes de ce que les autres devraient faire. In fine, leurs problèmes sont causés par les autres et les solutions ne peuvent venir que des autres.

En ce qui me concerne, quand je nous écoute, la question que je me pose est : Si vous venez et trouvez votre maison en train de prendre feu, vous faites quoi en premier ? Vous cherchez le moyen d’éteindre le feu ou vous restez là à chercher qui a mis le feu et à plaindre les pompiers qui tardent à arriver ? Mais encore, pour que cet exemple s’applique au cas du Cameroun, il faudrait que chaque camerounais individuellement se sente concerné par chacun des problèmes de ce pays. Qu’il prenne conscience qu’il s’agit de son pays aussi et non de celui des autres uniquement ; que s’il ne contribue pas à le bâtir, les autres le feront, or le modèle qui en résultera risque de ne pas lui plaire, mais il devra faire avec… Albert Einstein a dit « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ». Pareillement, la réalité est qu’au Cameroun, chacun est tellement occupé à voir la responsabilité de l’autre dans les problèmes socio-économiques, qu’il ne voit pas la sienne. Malgré qu’ils soient tous des complices actifs ou passifs des problèmes qui nous affectent, le débat entre les citoyens concerne ce que les autres devraient faire au lieu de concerner ce que les personnes qui débattent peuvent faire à leur niveau pour contribuer à la solution. Rendez-vous en compte, chaque camerounais(e) a sa part de responsabilité dans les échecs et les succès de ce pays. De ce fait, nous avons chacun une part de responsabilité dans les solutions. Or, il nous est plus facile d’agir sur nos manquements et sur nos champs d’influence que d’agir sur celles des autres.