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Le marché de l’emploi camerounais connait un paradoxe étonnant : tandis que les jeunes disent qu’ils ne trouvent pas d’emplois, les entreprises peinent à pourvoir certains postes vacants. Du côté des chercheurs d’emploi, on évoque les salaires de misère proposés par les entreprises, les conditions de travail pénibles, le fait que « les entreprises exigent trop » des candidats, etc.  D’autre part, du côté des entreprises, on évoque la rareté des cemploi_mandidats qui « ont le profil requis », le manque d’expérience professionnelle des chercheurs d’emplois, l’inadéquation entre la formation qu’ils ont reçue et les besoins réels de l’entreprise, etc. Au milieu de ces accusations réciproques, les plus grands perdants restent les jeunes,
car, les entreprises ont les moyens de contourner les obstacles pour atteindre leurs objectifs.

Pour avoir été à jadis chercheur d’emploi et aujourd’hui employeur, je puis dire que les jeunes ont une grande part de responsabilité dans leur chômage. Il faut noter que les chances d’une personne à décrocher un emploi sont influencées par trois principaux éléments : son niveau de formation, son processus de recherche d’emploi et sa capacité à créer de la valeur pour son employeur. D’abord, s’agissant du niveau de formation, il y va de la maitrise du domaine d’expertise en question par le candidat. Or, lorsqu’un individu a passé tout son cursus académique à survoler les matières les unes après les autres dans le seul but de « valider ses UV » afin d’obtenir son diplôme, rendu en fin de cursus, il est diplômé, mais ne maitrise pas son domaine. Face à un recruteur, il suffit de poser quelques questions élémentaires relatives au domaine pour que le candidat se rende compte que « le fax » marchait bien en classe, mais ça ne marche pas dans le monde de l’emploi.

Ensuite, lorsque le Directeur du FNE déclare que « la recherche d’emploi est un emploi à temps plein », cela redonne tout son sens à cette aventure que beaucoup de chercheurs d’emplois vivent comme une expérience traumatisante.  Pour fuir ce traumatisme, certains croisent les bras et attendent leur « relation » qui va les recommander à un recruteur, d’autres misent sur la prière et le jeûne, d’autres encore postulent à toutes les offres d’emplois, même quand ce n’est pas dans leur domaine.  Pourtant, de la rédaction d’un bon curriculum vitae à l’entretien d’embauche, en passant par les dépôts de candidatures, les chercheurs d’emplois doivent comprendre qu’ici, chaque acte posé doit être fait selon les règles de l’art. Sachant qu’un super produit s’il est mal vendu risque de ne pas être acheté, à l’aide des ressources disponibles sur internet, dans les bureaux du FNE ou dans les cabinets de recrutement, le candidat doit apprendre comment se vendre, et ce n’est qu’alors qu’il saura comment trouver un emploi. C’est lors de cet apprentissage du Personnal Branding que le candidat découvrira quelles sont ses lacunes, et mettra en place un plan pour les combler. Il apprendra également à cultiver la patience, la persévérance et l’humilité nécessaires pour envisager sa quête d’emploi non plus comme un voyage en Aller simple sans escale, mais sous la forme d’un Plan de Carrière. Ceci sous-entend que la route qui mène à l’emploi de vos rêves peut passer par d’autres emplois moins bien rémunérés et par d’autres formations, qui vous permettront d’acquérir le profil exigé par l’entreprise de vos rêves. Ceci étant, les jeunes diplômés doivent être prompts à accepter des postes dont le prestige est moins que ce qu’ils espéraient, dans le but de finaliser leur formation, d’acquérir de l’expérience professionnelle, de cultiver le savoir-être et le savoir-vivre qui sont exigés en milieu professionnel. A ce propos, des sites comme www.skilledafricans.com peuvent vous aider dans cette démarche.

Enfin, il est crucial pour les chercheurs d’emplois de comprendre que le salaire versé à un employé est une partie de l’argent qu’il a aidé l’entreprise à créer. Ainsi, lorsqu’un chercheur d’emploi calcule ses prétentions salariales sur la base du « prix de son loyer + son transport + ce qu’il lui faut pour vivre + son entretien + etc. », on arrive facilement à un montant que le recruteur en face n’est pas prêt à payer, parce qu’il estime que d’après votre profil actuel, vous ne pourrez pas créer assez d’argent pour qu’on vous verse ce montant là. De même, le candidat se sentant sous payé, refuse le job. Or, les entreprises recherchent des personnes aptes à leur apporter un réel plus, des personnes capables de leur faire gagner plus d’argent. Ce sont donc les aptitudes et attitudes nécessaires à la création de la valeur qu’une entreprise est prête à embaucher, et non des diplômes, ni un CV de cinq pages. Ceci étant, le chercheur d’emploi lors de ses entretiens d’embauche, gagnerait à s’atteler à démontrer au recruteur les atouts concrets qu’il possède et comment il compte les utiliser pour aider l’entreprise à atteindre ses objectifs.

 

 

Bertin FOKOU

Business Developer